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La violence ne laisse pas toujours des traces visibles. Parfois, elle se manifeste par un compte bancaire auquel vous n'avez pas accès. Un téléphone constamment surveillé. Des amis dont on vous isole peu à peu. Des mots qui vous font douter de votre propre valeur. Ou par des croyances religieuses utilisées pour vous faire culpabiliser de vous protéger.
Et parfois, le plus difficile est de mettre un nom sur ce que l'on vit.
Lorsque nous n'avons pas les mots pour décrire notre expérience, il est plus facile de la minimiser, de la banaliser ou de se dire que " ce n'est pas si grave ".
Pourtant, la violence peut prendre de nombreuses formes, et savoir en reconnaître les signes est souvent le premier pas pour comprendre ce qui se passe.
Voici cinq formes de violence que vous ne soupçonnez peut-être pas.
La violence économique survient lorsqu'une personne utilise l'argent ou les ressources financières pour contrôler quelqu'un, limiter son indépendance ou l'empêcher de quitter une relation.
Elle peut se manifester par :
Elle peut s'exprimer par des phrases comme :
" Tu n'as pas besoin d'avoir ton propre compte bancaire. "
" Dis-moi ce que tu as fait de cet argent. "
" Tu ne peux pas te permettre de me quitter. "
Il y a une différence entre gérer son argent à deux et utiliser l'argent pour contrôler quelqu'un.
Lorsque le contrôle financier crée une dépendance ou donne à quelqu'un le sentiment d'être piégé, il peut s'agir d'une forme de violence.
Toutes les relations abusives n'impliquent pas de violence physique.
Parfois, le mal est causé par des mots et des comportements qui érodent lentement la confiance en soi et l'estime de soi.
La violence psychologique peut inclure :
Et comme il n'y a parfois aucune blessure visible, la violence psychologique peut être difficile à identifier.
Vous vous dites peut-être :
" Peut-être que je suis trop sensible. "
" Peut-être que tous les couples se disputent comme ça. "
" Peut-être que c'est vraiment de ma faute. "
Ou peut-être avez-vous commencé à peser chacun de vos mots, car vous ne savez jamais ce qui pourrait déclencher une réaction.
Vous avez peut-être l'impression de devoir marcher sur des œufs.
Ce sentiment est important. Il n'est pas nécessaire de subir des violences physiques pour qu'une relation soit abusive.
La technologie nous connecte à presque tout, mais dans une relation abusive, elle peut aussi devenir un moyen de surveiller et de contrôler l'autre.
La violence numérique peut prendre les formes suivantes :
Parfois, les comportements de contrôle sont même présentés comme des preuves d'amour ou d'inquiétude.
" Je m'inquiète juste pour toi. "
" Si tu n'as rien à cacher, pourquoi je ne peux pas regarder ton téléphone ? "
Mais il y a une différence entre se soucier de quelqu'un et le surveiller.
La vie privée n'est pas un secret. Poser des limites n'est pas une trahison.
Le contrôle coercitif ne se résume pas forcément à un incident spectaculaire.
Il peut s'agir d'un schéma comportemental qui prive progressivement une personne de sa liberté et de son indépendance.
Cela peut inclure :
Peut-être évitez-vous de voir certains amis parce que vous savez que votre partenaire se mettra en colère.
Peut-être changez-vous votre façon de vous habiller pour éviter une dispute.
Peut-être préférez-vous vous taire parce que vous savez déjà ce qui arrivera si vous n'êtes pas d'accord.
C'est ce qui rend le contrôle coercitif si difficile à identifier.
Il ne s'agit pas toujours d'un seul signal d'alarme majeur. Parfois, ce sont des centaines de petits signes.
La foi peut être une source de réconfort, de force et de lien. Mais les croyances religieuses peuvent aussi être détournées pour contrôler, humilier ou effrayer quelqu'un. C'est ce qu'on appelle l'abus spirituel.
Cela peut se manifester par :
Cela peut prendre la forme de phrases comme :
" Une bonne épouse ne dirait jamais non à son mari. "
" Si tu pars, tu vas à l'encontre de ta foi. "
" Allah sera en colère contre toi si tu ne fais pas ce que je dis. "
L'abus spirituel peut être particulièrement douloureux car il peut affecter bien plus que les relations d'une personne. Il peut amener quelqu'un à remettre en question sa foi, sa valeur et même sa relation avec Allah.
La foi ne devrait jamais être utilisée comme une arme. Chercher à se mettre en sécurité, poser des limites et demander de l'aide ne fait pas de quelqu'un un mauvais musulman.
Lorsque les gens entendent le mot " abus ", ils imaginent souvent la violence physique. Mais l'abus peut être :
Physique. Émotionnel. Financier. Numérique. Coercitif. Spirituel.
Et parfois, plusieurs formes se produisent en même temps. Une personne victime d'abus peut appeler cela de la jalousie, une relation difficile ou simplement " la vie telle qu'elle est ". Elle peut se demander si ce qu'elle vit est " assez grave " pour être considéré comme tel.
C'est pourquoi les mots ont leur importance. Une fois que nous avons un nom pour quelque chose, nous pouvons commencer à le voir différemment.
" Ce n'est pas juste de la jalousie. C'est du contrôle. "
" Ce n'est pas juste du stress financier. C'est de l'abus financier. "
" Ce n'est pas juste prendre des nouvelles. C'est de la surveillance. "
Mettre un nom sur les choses ne résout pas tout. Mais cela peut être un début.
Il n'est pas nécessaire d'avoir des certitudes pour demander de l'aide. Vous n'avez pas besoin d'étiquette. Et vous n'avez pas besoin d'attendre que la situation devienne physique. Si le comportement de quelqu'un vous fait peur, vous isole, vous contrôle ou vous empêche de faire vos propres choix, il est utile d'en parler à une personne de confiance.
Vous pouvez commencer par dire :
" Il y a quelque chose qui ne va pas. "
Cela suffit.
La ligne d'écoute Nisa offre un soutien gratuit et confidentiel aux femmes partout au Canada. Vous pouvez appeler pour parler de ce que vous vivez, poser des questions, explorer vos options ou simplement trouver une oreille attentive.
Vous n'avez pas besoin d'avoir toutes les réponses.
Parfois, trouver les mots est la première étape pour reconnaître ce que vous vivez.