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Certains jours, le poids me paraît insupportable.
Il peut s'agir de la charge mentale constante, de la jonglerie des responsabilités, des inquiétudes concernant l'avenir, des attentes portées, ou de la lutte silencieuse contre des émotions invisibles aux autres. Le stress et l'anxiété peuvent rendre même les choses les plus simples insurmontables. Et dans ces moments-là, il est facile de se sentir seul.
Mais vous n’êtes pas seul. Et en Islam, votre combat est vu, compris et profondément valorisé.
Parfois, nous pensons que le fait de nous sentir anxieux ou dépassés signifie que notre foi n'est pas assez forte. Mais c'est tout simplement faux.
Même les plus chers à Allah ont connu des moments de profonde souffrance émotionnelle.
Le Prophète Muhammad (que la paix et les bénédictions soient sur lui) a traversé des périodes d'épreuves intenses. L'Année du Chagrin (عام الحزن), marquée par la perte de Khadija (qu'Allah l'agrée) et d'Abu Talib, fut empreinte de chagrin. Il connut le rejet, l'isolement et la souffrance, notamment à Taïf, où il fut éconduit et maltraité.
Pourtant, dans ces moments-là, il n'a pas refoulé sa douleur. Il s'est tourné vers Allah avec sincérité. Sa prière reflétait sa vulnérabilité, son besoin et une confiance absolue.
Cela nous enseigne une leçon précieuse : il ne faut pas cacher sa souffrance à Allah. Il faut la Lui présenter.
Il y a des moments où l'anxiété semble immédiate et envahissante, comme si quelque chose de grave allait se produire, ou que tout vous échappait.
Imaginez Abou Bakr (qu'Allah l'agrée) dans la grotte durant l'Hégire. Il n'était pas serein parce que la situation était sûre, il avait peur. L'ennemi était juste à l'extérieur.
Et à ce moment-là, le Prophète ﷺ le rassura doucement:
“Ne soyez pas tristes ; en vérité, Allah est avec nous.”
Il ne s'agissait pas de nier la peur, mais de rappeler, au cœur même de la peur : Allah est présent, même ici. Parfois, c'est ce dont nous avons besoin : non pas que tout change instantanément, mais de savoir que nous ne sommes pas seuls face à l'épreuve.
Le stress n'est pas toujours bruyant ou soudain. Parfois, il est silencieux, persistant et profondément personnel.
Le prophète Ayub (que la paix soit sur lui) a traversé des années de maladie, de deuil et d'isolement. Il n'y avait pas de solution miracle, pas de soulagement immédiat. Mais il a tenu bon. Non pas parce que c'était facile, mais parce qu'il avait confiance qu'Allah ne l'avait pas abandonné.
Si vous traversez une épreuve qui vous semble interminable, son histoire nous rappelle que persévérer dans la patience est en soi un acte de dévotion.
Votre stress provient peut-être du fait que vous vous souciez trop de votre famille, de vos responsabilités et de votre communauté.
Umar ibn Al-Khattab (qu'Allah l'agrée) se souciait tellement de la Oumma qu'il craignait d'être interrogé par Allah, même pour un animal négligé. Ce poids émotionnel ne le rendait pas faible ; il reflétait sa sincérité et son sens des responsabilités.
Si vous vous sentez submergé par vos émotions, sachez que ce sentiment est précieux. L’islam ne vous demande pas de le refouler, mais vous apprend à le porter en communion avec Allah.
Quand le stress vous submerge, vous n’avez pas besoin d’un plan parfait. Il vous suffit d’un point de départ.
Commencez petit.
Faites une pause. Respirez. Murmurez un dhikr:
Non pas comme une liste de contrôle, mais comme une façon de ramener doucement votre cœur à la normale.
Priez, même si ce ne sont que deux rak'ahs où vous parlez à Allah plus que vous ne récitez.
Et rappelez-vous : je n’ai pas besoin de tout comprendre maintenant.
Parfois, les mots nous manquent. C’est là que les belles invocations de notre religion nous réconfortent.
اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنَ الْهَمِّ وَالْحَزَنِ، وَالْعَجْزِ وَالْكَسَلِ، وَالْبُخْلِ وَالْجُبْنِ، وَضَلَعِ الدَّيْنِ وَغَلَبَةِ الرِّجَالِ
Allahumma inni a'udhu bika min al-hammi wal-hazan, wal-'ajzi wal-kasal, wal-bukhli wal-jubn, wa dala'id-dayn wa ghalabatir-rijal
Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre l'angoisse et le chagrin, la faiblesse et la paresse, l'avarice et la lâcheté, le fardeau des dettes et contre l'oppression des hommes.

لَا إِلٰهَ إِلَّا أَنْتَ سُبْحَانَكَ إِنِّي كُنْتُ مِنَ الظَّالِمِينَ
Autant de maisons d'Allah, autant de bénédictions, Minaj-Zalimin
Il n'y a de divinité que Toi ; gloire à Toi. J'étais certes du nombre des injustes.

اللَّهُمَّ لَا سَهْلَ إِلَّا مَا جَعَلْتَهُ سَهْلًا، وَأَنْتَ تَجْعَلُ الْحَزْنَ إِذَا شِئْتَ سَهْلًا
Ô Dieu, il n'y a point de facilité dans ce qui t'est arrivé, et tu es la première couronne de douleur si quelque chose est facile.
Ô Allah, rien n'est facile sauf ce que Tu rends facile, et Tu peux rendre la difficulté facile si Tu le veux.

حَسْبِيَ اللَّهُ لَا إِلَٰهَ إِلَّا هُوَ ۖ عَلَيْهِ تَوَكَّلْتُ ۖ وَهُوَ رَبُّ الْعَرْشِ الْعَظِيمِ
Hasbilah, il n'y a de dieu que Lui ; c'est en Lui que je me confie, et Il est le Grand Seigneur.
Allah me suffit ; il n'y a de divinité que Lui. En Lui je place ma confiance, et Il est le Seigneur du Trône Puissant.
Dites-les lentement. Donnez-leur du sens. Même si votre cœur semble loin, revenez-y sans cesse.

Se tourner vers Allah ne signifie pas tout porter sur ses épaules. L'islam nous enseigne à Le rechercher en premier lieu, tout en entreprenant des démarches concrètes pour la guérison et le soutien.
Parfois, guérir, c'est parler à une personne de confiance. Parfois, c'est faire appel à un professionnel. Et parfois, c'est tout simplement admettre : "Je ne vais pas bien en ce moment".
L'islam encourage le soin du corps, de l'esprit et de l'âme. Vous méritez d'être soutenu sous toutes ses formes.
À la Fondation Nisa, nous savons que ces épreuves sont réelles, personnelles et profondément humaines. Vous n'êtes pas seul(e). Avec foi, compassion et le soutien adéquat, la guérison est possible, un pas, une respiration, une prière à la fois.
Grâce à des ressources comme la ligne d'écoute Nisa et le service de santé mentale Nisa, les femmes et les filles peuvent accéder à des soins empreints de compassion et adaptés à leur culture, alliant foi et soutien professionnel. Demander de l'aide n'est pas un signe de faiblesse, mais une démarche courageuse vers la guérison. Si vous traversez une période difficile, sachez que des personnes sont prêtes à vous écouter, à vous soutenir et à vous accompagner dans ce cheminement.